Le Grand Bleu à Zanzibar

Un matin de début mars, mes yeux s’ouvrent tous seuls. Il est 5 heures du mat’ et je n’ai pas de frisson… Un cauchemar ? Non ! Une excitation d’enfant parce que ce matin là, je vais réaliser un rêve : nager avec les dauphins en pleine mer.

Il est de ces personnes (que j’admire) pour lesquelles le réveil, même très matinal, ne cause aucun souci. Le regard est vif, l’oreille attentive… spontanément… c’est à dire sans consommation préalable d’une carafe entière de café ou de thé.

Je suis bien loin de ces réveils là… Pourtant, un matin de début mars, mes yeux s’ouvrent tous seuls. Il est 5 heures du mat’ et je n’ai pas de frisson… Un cauchemar ? Non ! Une excitation d’enfant parce que ce matin là, je vais réaliser un rêve : nager avec les dauphins en pleine mer.

Je suis à Zanzibar.

fredo-1

J’ai retrouvé cette île que j’aime tant seulement hier : mon île, mais aussi ses sourires, ses parfums d’épices, sa chaleur et sa beauté naturelle.

Ali (notre chauffeur-guide-préféré à tous à l’agence) m’a conduit jusqu’à Jambiani, au sud-est de l’île : un village de pêcheurs authentique sur une très longue plage de sable blanc, totalement préservée. C’est au Coco Beach (charmante guest house), qu’Elisa en hôtesse parfaite et très sympathique m’accueille et me conduit vers mon rêve.

Il est donc 5h… J’oublie mon café et je retrouve mon chauffeur. En 30 minutes, il va me conduire en pleine nuit, à Kizimkazi : La baie aux mille dauphins, à la pointe sud de l’île.

Je sais qu’il faut arriver tôt. Les dauphins ne restent pas en surface toute la journée : ils cherchent le poisson qui va les nourrir à des profondeurs raisonnables quand la mer est encore à peu près fraiche. Dés qu’elle se réchauffe un peu, ils repartent au fond.
Je sais aussi qu’à des heures moins « héroïques », les barques pleines de touristes (italiens pour la plupart) envahissent Kizimkazi. Ce lieu, j’ai envie de me l’approprier pour cette rencontre unique.

Vivre l’instant dans la quiétude.

Arrivée à Kizimkazi, la nuit est encore là mais la vie est déjà bien active : les bateaux de pêche rentrent au petit port et les lumières de leurs lanternes semblent danser sur la mer. Je retrouve mon « capitaine » un pêcheur qui m’équipe d’un masque, d’un tuba, et de palmes… me voici partie à bord d’une petite barque à moteur.

Nous sillonnons la baie. Seuls. Le ciel commence à s’illuminer : les teintes se font violettes puis roses. Elles se reflètent sur la surface de la mer. Le ciel et la mer se confondent. La lumière est magique. Je scrute l’horizon à la recherche d’une tâche plus sombre qui pourrait être révélatrice d’une présence amie. Et chaque tâche sombre ne se révèle être que des bancs d’algues. Un sentiment de frustration me gagne… Y a-t-il réellement des dauphins dans cette baie aux mille dauphins ?

Je fais confiance à mon-capitaine-de-pêcheur qui connaît les habitudes de mes mammifères préférés.

Le jour se lève… lentement… et soudain, ils sont là… Ils nagent par bans… Je suis au comble de l’excitation : A ce moment là, il faut être assez réactif : le masque est sur les yeux, le tuba dans la bouche, et les palmes chaussées (j’ai réussi à ne pas faire le contraire, même si il est tôt et que le café/thé n’est pas bu). Quand le signal est lancé d’un « Go » assez autoritaire, surtout ne pas se poser de questions existentielles : « la mer est-elle chaude à cette heure indue ? Les dauphins sont-ils aussi gentils que cela, parce que quand même ils sont gros… etc… » Il est trop tard pour y réfléchir : on y va !!

Et, là, on oublie tout. Le temps s’arrête. Enfin… pas vraiment parce qu’il faut quand même palmer pour rester à la hauteur de nos amis : Magique : ils sont à côté de moi, sous moi… par dizaines… et un bref instant, je fais partie des leurs. Ils me regardent, puis m’ignorent… On n’est pas à Maryland non plus… ils cherchent le poisson et manifestement, je n’en suis pas un. Cela n’est pas grave : dans l’éloignement, j’entends les sons qu’ils émettent sous l’eau. Je suis la nouvelle star du « Grand bleu » et Jean-Marc Barr n’a qu’à bien se tenir…

fredo-2

Cette magie ne dure qu’un instant mais mon capitaine-de-pêcheur est là… On replonge… plus loin… 2 fois, 3 fois, 4 fois… Je ne m’en lasse pas parce que chaque plongée est différente et à chaque fois unique.

Sans que je ne m’en sois aperçue, le jour s‘est levé… Chaque rêve à une fin. Les barques envahissent la baie à l’heure à laquelle je rejoins le petit port émerveillée par ce que je viens de vivre.

Si un jour, vos pas de voyageur vous mènent à Zanzibar, ne passez pas à côté de cette rencontre. Parfaitement organisée par l’agence, elle est complètement inoubliable. Et je ne dis pas cela parce que je fais partie de l’équipe !