La Papouasie indonésienne : marches et rencontres au bout du monde

Nom emblématique pour tout voyageur à l’âme d’explorateur et d’aventurier, la Papouasie conserve le mystère de ces régions reculées que la civilisation semble avoir oubliées. Le premier européen y accosta en 1526, et pourtant les scientifiques considèrent que certaines régions sont loin d’avoir révélé tous leurs secrets…

Papouasie est plus précisément le nom donné à la partie occidentale de l’île de Nouvelle Guinée, la 3ème plus grande île au monde en superficie (après l’Australie et le Groenland). Annexée à l’Indonésie, c’est la région la plus orientale de l’immense archipel. La partie est de l’île de Nouvelle Guinée est en revanche un état indépendant appelé Papouasie – Nouvelle-Guinée.

Sur un territoire un peu plus petit que la France, la partie indonésienne de l’île ne compte que 3 millions d’habitants environ qui se concentrent essentiellement dans quelques villes de taille moyenne. La population des villes est composée d’une forte transmigration venue des différentes îles indonésiennes. Une partie non négligeable du peuple autochtone papou, avec sa grande diversité ethnique et linguistique, vit toujours dans des villages reculés, organisés autour de structures claniques et familiales. De nombreux villages ne sont accessible qu’à pied, après parfois de longs trajets ressemblant plus à des expéditions qu’à des treks. Près de la moitié de sa superficie se trouve en effet à plus de 1000 mètres d’altitude, et les trois quarts du territoire sont couverts d’une épaisse jungle tropicale.

La Papouasie a pourtant tout d’un jardin d’éden avec ses températures agréables toute l’année, sa nature exubérante, ses paysages de montagnes majestueux, et ses îles et ilots de cartes postales. Bien qu’au premier abord, le contact puisse sembler rugueux, l’accueil des Papous est tout en simplicité et authenticité, et offre rapidement l’occasion aux voyageurs curieux de comprendre les richesses d’un peuple aux cultures premières. Un voyage en Papouasie, c’est un peu jouer parfois aux explorateurs en vivant la rencontre de deux mondes qui s’ignorent. La Papouasie s’adresse bien sûr aux voyageurs aguerris qui sauront passer outre les contraintes en termes de logistique pour découvrir toute la richesse de cette destination unique.

Pourquoi découvrir la Papouasie ?

Administrativement, la Papouasie indonésienne est divisée en 2 provinces : la « Papouasie » correspondant aux régions centrales et orientales du territoire, et la « Papouasie occidentale » qui couvre tout l’ouest du territoire comme son nom l’indique.
Le centre et l’est de la Papouasie indonésienne constituent un vaste territoire à la géographie tourmentée. A cela s’ajoute l’absence d’infrastructures routières reliant les régions entre elles… En dehors des villes de Jayapura et de Timika qui sont reliées au reste de l’Indonésie par des vols domestiques, l’essentiel du territoire se compose de régions enclavées. Isolées les unes des autres, une bonne part des différentes populations de Papouasie connaissent ainsi des influences extérieures limitées. Bien qu’elles partagent des souches ethniques et linguistiques communes, plusieurs ethnies de Papouasie ont connu une évolution culturelle distincte au cours des siècles. Au cours d’un voyage sur mesure en Papouasie, Monde Authentique propose de découvrir une ou plusieurs régions dont le point d’orgue est la rencontre de l’ethnie la plus emblématique du territoire en question. Cette riche diversité culturelle fait de cette région indonésienne une véritable destination à part entière.

Région emblématique de la Papouasie, la vallée de Baliem est la plus accessible aux voyageurs. Des vols domestiques relient Jayapura à Wamena, l’unique ville de la région… Pourtant, le premier contact de ces tribus avec l’homme blanc ne date que de 70 ans.

Désormais pacifiée, Baliem a longtemps été marqué par les affrontements meurtriers entre tribus. Certains clans ont conservé momifiés leurs chefs les plus respectés après des rites funéraires exaltant la bravoure et l’ardeur au combat. Pourtant, les tribus de la vallée se sont montrées moins belliqueuses à l’égard des premiers missionnaires qui ont pu christianiser une partie des populations de la région. Les coutumes vestimentaires des papous de la vallée de Baliem a également facilité le contact de ces 2 mondes si différent puisque à l’inverse de nombreuses autres tribus de Papouasie, les tribus Dani, Lani et Yani cachaient leur sexe. Les hommes portaient le koteka, l’étui pénien, et les femmes diverses formes de pagne. A l’époque, cette différence a amené les premiers explorateurs et missionnaires à les considérer plus intelligents que les autres… certains villages de la vallée de Baliem à la structure originelle peuvent être visités au cours d’excursion à la journée au départ de Wamena. Ce sont toutefois les randonneurs qui au cours d’itinéraires de 2 à 4 jours ont l’occasion de découvrir les villages reculés qu’aucune route ne relie à la civilisation. Le rythme doux des marches offre l’occasion d’apprécier les superbes panoramas sur une nature préservée. L’arrivée à pied et les nuits d’étapes au contact des villageois facilitent les rencontres et les échanges

Au-delà des monts Maoke qui traversent la Papouasie quasiment de part en part, la ville de Dekai est le point de départ pour partir découvrir le territoire Korowai. Après une arrivée en avion, un trajet par la piste rejoint la rivière Brazza pour le départ d’une navigation à travers la jungle qui permet la rencontre des tribus Citak Mitak, qui ont conservé notamment leur habitat traditionnel fait de bois et de végétaux. Après une journée de navigation, les voyageurs arrivent enfin en territoire Korowai. Les conditions de vie dans cette région marécageuse sont difficiles. Seuls les voyageurs aguerris sauront apprécier cette immersion dans ces terres si éloignées de la civilisation. Les Korowai, eux, connaissent bien cet environnement ; ils savent se nourrir de ce que la forêt a à offrir et se protéger de ses désagréments. C’est pour cela que leurs maisons sont construites dans les arbres à plusieurs mètres de haut : se protéger des animaux, des insectes, mais aussi de la menace de tribus ennemies. Habitat unique en son genre, l’installation en est laborieuse et la durée de vie précaire. Tous les 4-5 ans, les Korowai sont ainsi obligés de se déplacer pour reconstruire leur habitat.

Plus au sud enfin, sur les côtes qui bordent la mer Arafura séparant la Nouvelle Guinée du nord de l’Australie, se trouvent les Asmat. A partir de la ville de Timika, la découverte de la région se fait ensuite principalement par bateau, la tribu combinant mode de vie terrestre et maritime. Ainsi les clans vivent près des côtes et se nourrissent de la pêche. Le lien avec la terre reste pourtant fort puisque les Asmat sont des sculpteurs de bois reconnus mondialement. Maîtrisant donc l’eau comme la terre, les Asmat ont été également des guerriers longtemps redoutés, ayant pour habitude de conserver les têtes et de manger les corps des vaincus ! Les tribus Asmat se caractérisent également par leurs fortes croyances animistes et la place occupée par leurs ancêtres.

La Papouasie occidentale offre quant à elle un tout autre voyage : tournée vers la mer, la région est riche de côtes aux plages paradisiaque, d’îles et ilots idylliques et de fonds marins exceptionnels ! L’île de Biak en est une parfaite ambassadrice avec ses villages de pêcheurs, cocotiers et plages de sable blanc. Malgré un accès facilité en avion, l’absence criante de logements adaptés explique l’absence de voyageurs… c’est l’un des atouts de la région évidemment !

Plus connu, mais tout autant préservé du tourisme de masse, Raja Ampat est un archipel de 1500 îles et ilots au large de la ville de Sorong où l’on arrive en avion. C’est un paradis pour plongeurs à découvrir en séjour dans un hôtel ou bien en croisière. La région a été proposée à l’UNESCO au titre de zone ayant la plus riche biodiversité marine de la planète. Par contre, cette préservation est le fait d’un isolement qui s’explique par une logistique compliquée et chère…