Retour en Patagonie

Non, non et encore non, Ushuaia n’est pas surfaite ! La ville en elle-même n’a rien d’exceptionnel, certes. Pas de monument grandiose à visiter. Pas de glacier incroyable comme dans le parc Torrès Del Paine au Chili ou à El Calafate en Argentine. Mais une atmosphère incroyable. Pas besoin de vous rappeler que vous êtes au bout du monde, vous le sentez ! Il suffit d’ailleurs de regarder s’éloigner sur le canal Beagle le ferry pour l’Antarctique, pour se souvenir qu’on est dans la ville la plus australe au monde…

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première fois que je suis venu à Ushuaia, j’étais au tout début d’un long périple de près d’un an. La découverte de la Terre de feu avait donc une saveur particulière pour moi, qui aurait pu biaiser mon jugement… Mais non, cette fois encore, Ushuaia m’émeut. Je regrette de ne passer qu’une demi-journée ici… Le parc national Tierra Del Fuego aurait mérité une deuxième visite… le glacier Martial et sa vue sur la ville et le canal Beagle également. Tant pis, j’ai déjà la tête pleine de souvenirs !

Cette fois, j’aurai abordé la ville la plus australe du monde par… le sud ! Au terme d’une croisière de 4 jours absolument fantastique, au départ de Punta Arenas, sur le détroit de Magellan, et à travers les canaux de Patagonie. Et pourtant, rien n’aurait pu présager qu’une croisière, quelle qu’elle soit, ait pu remporter mon suffrage… Car oui, le Via Australis et le Mare Australis sont des bateaux de croisière. L’équipage, la décoration, les diners… tout fait penser à un épisode de « la croisière s’amuse » ! A cela près que nous sommes en Terre de Feu, et que personne n’est là pour se faire bronzer sur le pont !

Deux excursions par jour vous emmènent à la découverte des glaciers de la cordillère Darwin, un des plus importants champs de glace au monde, à la rencontre des manchots de Magellan, de colonies de cormorans et d’éléphants de mer. Si vous n’aimez pas les animaux, n’y allez pas ! Mais la découverte la plus passionnante reste sans doute le whisky/chocolat chaud servi à la fin de chaque sortie à terre ! Si l’on ajoute à cela la qualité des reportages diffués entre les étapes, la gentillesse du personnel, le confort des cabines et l’ambiance bon enfant à bord, cette croisière passe directement au rang de « moment inoubliable » dans mes souvenirs de voyage. Et comme si cela ne suffisait pas, cette navigation est également le seul moyen officiel permettant aux touristes de passer le Cap Horn ! Le Cabo de Horno n’est plus le cimetière à bateau qu’il fut du temps des grandes aventures maritimes des siècles passés. Maus il est toujours un des passages mythiques qui provoquent une vraie émotion lorsqu’on les emprunte. Il fait partie de ces lieux chargés d’histoire, dont le nom seul évoque mille aventures. Aujourd’hui encore, on sent la difficulté qu’à notre pourtant robuste bateau à manœuvrer au milieu des vagues impressionnantes… pendant que nous prenons « tranquillement » notre petit déjeuner (si l’on n’a pas le mal de mer, bien entendu).

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Maintenant que vous connaissez la fin de mon voyage (à part le dernier jour à Buenos Aires, qui décidemment est une ville bien envoutante), revenons au début de l’histoire ! Pas au début du voyage, non, ce serait trop simple. Au début de mon aventure chez Monde Authentique. Rassurez vous, nous n’irons pas loin, je travaille à l’agence depuis quelques mois seulement ! Grand amoureux des paysages infinis, je suis ravi lorsque Frédéric m’annonce qu’il souhaite me recruter pour travailler sur l’Argentine et le Chili. Et vous vous doutez que j’accueille avec enthousiasme sa décision de m’embarquer dans ses bagages pour un voyage de familiarisation au Chili en février/mars ! Ce sera mon second voyage dans ce pays… Mais cette fois, je voyage aussi avec l’objectif de dénicher des petites perles à proposer à mes clients une fois revenu. La croisière australis en fait bien entendu partie. Certains hôtels également, comme l’Indigo ou le Remota à Puerto Natalès, ou l’île de Chiloé, souvent oubliée à tort par de nombreux voyageurs.

L’île de Chiloé sera d’ailleurs ma première étape. Je ne connais pas encore. Frédéric, qui se trouve déjà au Chili depuis plusieurs semaines, m’accueille à l’aéroport de Santiago. Nouvel avion, direction Puerto Montt. Récupération laborieuse de mes bagages (bloqués à Santiago ? Non, oubliés derrière un comptoir et retrouvés accidentellement !) ; et en route vers le ferry qui nous mène sur l’île de Chiloé. Modeste, l’île de Chiloé n’a pas la prétention des glaciers de Patagonie, ni la majesté des grands espaces désertiques du salar d’Atacama. Mais elle est spéciale à sa façon. Ses églises en bois coloré, dont plus de 300 sont classées au patrimoine de l’Unesco, sont uniques au monde. Castro, chef-lieu de l’île, avance ses maisons de pêcheurs sur pilotis comme autant d’arguments pour une photo carte postale. Si vous passez dans le coin, n’oubliez pas de goûter au saumon local ! On le sait peu, mais l’île de Chiloé est l’une des principales régions exportatrices de saumon au monde.

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Après un retour à Puerto Montt, petit tour dans la région des lacs. Une ambiance alpine assez agréable nous attend, et les lacs de montagne sur fond de volcans enneigés sont l’occasion d’une escapade tout à fait agréable.

Mais la Patagonie Chilienne, c’est aussi et surtout le Parc Torres del Paine. Grand rendez-vous des randonneurs, il est un des plus beaux parcs naturels au monde, et certainement le plus envoutant d’Amérique du sud. C’est ici aussi ma deuxième visite. Deux visites au même endroit si loin de chez nous ? Alors qu’il reste tant à voir ailleurs ? Est-ce bien raisonnable ? Et bien oui, et je rempilerais volontiers une troisième fois ! La première fois, j’ai arpenté les vallées du massif du Paine, avec ma tente et mon sac à dos. A la clé, un dépassement de soi, et des vues inoubliables sur les vallées et les lacs. Cette fois-ci, le voyage est moins éprouvant physiquement, les balades se font dans la vallée, et les vues sur le massif sont incroyables. Et l’hôtel Remota est autrement plus confortable que ma tente non étanche !

Après ces quatre jours passés au milieu de la nature souveraine du parc et de ses environs, nous nous préparons pour la croisière jusqu’à Ushuaia, dont vous connaissez déjà les détails (sinon, je vous engage à relire le début de mon récit en vous concentrant un peu mieux).

Reste à essayer de résumer ces deux semaines patagoniennes en quelques mots, en une impression générale… Le sentiment qui me vient spontanément à l’esprit est la sérénité. La sérénité qui se dégage de ces grandes étendues sauvages. La sérénité qui se dégage de ces animaux incroyables qu’on ne croise que dans ces parties du monde. La sérénité qui transparait sur les visages de ces chiliens fiers mais habitués à avoir cette beauté à portée de main. Et ma propre sérénité, au milieu de cette nature qui m’apaise autant qu’elle m’exalte.

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